Alain Sonneck
Associaon Ro’spered
Les boîtes à crâne en Bretagne
dont celle d’un Rospézien à Plufur
Le crâne, une relique parculière
Un élément du patrimoine breton a toujours frappé la curiosité des visiteurs, ce sont les ossuaires,
maintenant quasiment tous vidés des reliques qui y étaient entassées et, pour certains, réulisés à
d’autres ns. Cee exposion d’ossements au vu et sus de tous les dèles n’avait rien de choquant
et faisait pare de la vie quodienne pour des gens habitués à la présence de l’Ankou, ne serait-ce
que dans les contes et légendes. Elle donnait lieu également à des sermons bien à propos sur le sens
et le but de notre existence et sur les perspecves heureuses ou terribles pour les âmes des dèles
dans l’au-delà.
Il semblerait que les ossuaires n’étaient pas l’unique endroit d’exposion d’ossements : le 23 avril
1694, le chapitre de la cathédrale de Tréguier demande de «
. »
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Lorsqu’un ossuaire était plein, on procédait à une cérémonie dite
« d’enterrement des reliques » ; le registre de paroisse de Rospez relate au jeudi 20 octobre 1864 ce
genre de célébraon, « », lors de la semaine de
Mission prêchée dans la paroisse : à l’issue des vêpres des morts, chaque paroissien, en habit de
deuil, reçoit un ossement ré de l’ossuaire et l’on va en procession dans le cimeère pour déposer le
tout dans une fosse commune.
Un tableau de Georges-
Louis de Poilleux-Saint-Ange
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montre une telle célébraon à
Trégastel ; il a ceci d’intéressant que
les ossements représentés sont des
crânes. Comme évoqué pour la
cathédrale de Tréguier, des crânes
pouvaient être exposés tels quels. Il
en était ainsi dans la chapelle de la
Ville Blanche, à Rospez : 3 ou 4
crânes se trouvaient dans une niche
à gauche en entrant par la porte du
fond ; dans les années 1960, le recteur Le Gonidec l’a fait grillager ; plus tard, les enfants du
catéchisme cherchant à jouer avec ces crânes, le recteur Chapelain a fait murer l’emplacement. Ces
crânes provenaient sans doute de tombes dans la chapelle ; les registres d’obsèques de Rospez et
Trézény font état de quelques-unes d’entre elles au 16
ème
siècle.
Dans « Bretagne et Bretons »
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, parlant des têtes qui ornent des monnaies anques, Jeanne Laurent
écrit : « !" #
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1 AD 22, 2G295, registre de délibéraons du chapitre de Tréguier. Il ne s’agit pas de la paroisse de Saint Fiacre,
bien trop éloignée, mais du cimeère Saint Fiacre, qui jouxte le cloître : le 12 août 1630, le chapitre ordonne au
sacristain d’ouvrir la porte du cloître qui donne accès à ce cimeère, l’épidémie de peste ayant cessé (2G 286).
2 Tableau conservé au musée de Saint-Brieuc.
3 « Bretagne et Bretons », Jeanne Laurent. Arthaud 1974.
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